epervier de maheux

4ème de couverture :

Au dessus de Mazel-lde-mort, au fin fond du pays des Cévennes, se situe le hameau de Maheux. Là commence la solitude. La végétation disparaît et laisse régner la violence du climat : brûlant ou glacial, celui-ci donne à toutes les saisons un étrange pouvoir. Désertique, les fermes sont abandonnées les unes après les autres, amenant les enfants à quitter le pays. Dans ce monde oublié vit Abel Reilhan. Il glane, chasse et cherche à résister à cet univers si difficile, à trouver une source. Seul contre les éléments, parviendra-t-il à résister ?

 

Mon avis :

Ce livre m'a été chaleureusement recommandé par mon père. Après l'avoir lu, je comprends mieux son enthousiasme, en évoquant ce livre. Jean Carrere parle dans son livre des Cévennes, la région dont ma famille est originaire, et qui nous est chère. En lisant ce livre, et en prenant conscience de la rudesse de vivre dans ces plateaux des Cévennes, je n'ai pu m'empécher de penser à mes grand-parents, arrière-grand-parents et autres aïeux. J'ai donc fait un voyage dans le temps, où j'ai pu imaginer la vie de mes ancêtres.

Jean Carrère décrit avec un style merveilleux les paysages des Cévennes, mais aussi les conditions de vies difficiles dans cette région : terriblement froid l'hiver, avec un vent terrible qui souffle sur les plateaux et qui ne laisse aucun répis, un climat horriblement chaud et aride en été, qui brule tout. Des conditions de vie extrêmes, qui ont, au fil des générations, endurci les Cévenols, ces montagnards fiers d'appartenir à cette région !!!!!  Chaque acte de la vie de tous les jours, (qui aujourd'hui nous semble anodin) était, au siècle dernier, une épreuve. Pour aller chercher l'eau nécessaire à la toilette et la cuisine, il fallait faire des kilomètres à pied et affronter les éléments (pluie, neige, froid saisissant, chaleur assomante) ; pour manger, il fallait se contenter de peu (des chataignes, sous toutes les formes, grillées, soupe, bouillies etc....) Condition précaire, nature hostile,  Jean Carrère arrive à décrire tout cela  avec un style incomparable : poétique et très riche !  Je me suis délectée de chaque phrase de ce livre. J'ai suivi le destin de Abel Reilhan avec beaucoup d'intérêt au départ, avec angoisse ensuite et j'ai souffert avec lui à la fin,  de le voir sombrer peu à peu dans la folie. L'obsession d'Abel pour creuser la montagne en étant sur qu'il va trouver de l'eau est absolument folle, et merveilleusement décrite par Carrère. 

Vous l'aurez compris, ce roman m'a vraiment énormément plu. J'ai aimé l'écriture de Carrère, mais aussi l'ambiance, l'athmosphère qu'il a réussi à décrire. J'ai aimé découvrir plus en profondeur cette région dont je suis originaire. J'ai aimé apprendre comment vivaient les Cévenols, il y a quelques dizaines d'année. En résumé, je remercie mon papa de m'avoir encouragée à lire ce livre et à le l'avoir prêté ! C'est un livre formidablement bien écrit et il méritait bien un Goncourt  (en 1972)... un petit bijou de la littérature française, que je vous recommande vivement !