La route entre Cayenne et Iracoubo est une longue route goudronnée, parfaitement entretenue, peu fréquentée. Entre les villes  (situées à une cinquantaine de kilomètres les unes des autres) il n'y a strictement RIEN. enfin, rien, je me comprends : il y a la route au milieu. A gauche et à droite, la dense forêt amazonnienne. Rien d'autre !!!!!!!!!!!! Pas de maison, pas de commerce, pas de batiments, pas de cultures....uniquement de la forêt, rien que de la forêt, toujours de la forêt. C'est joli, mais un peu monotone....au bout de 150 kilomètres du même paysage !!!!   C'est là qu'on se rend compte de l'immensité du département, et de son faible peuplement.

Route entre Cayenne et Kourou (60km)

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A Kourou, nous ne sommes pas allés visiter le CSG (Centre Spacial de Guyane) pour plusieurs raisons : la première est que nous n'avions pas beaucoup de temps, la seconde raison est qu'il faut s'inscrire préalablement pour pouvoir faire cette visite et enfin, la dernière raison est que nous trouvions dommage de visiter le centre spacial sans les enfants. Nous avons donc traversé la ville, vu la plage et constaté qu'il n'y avait pas grand chose de transcendant à voir à Kourou, en dehors du CSG !!!!

Entrée de Kourou

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Sur la photo ci-dessus à droite, ne vous méprenez pas.... Ce n'est pas le CSG, c'est juste un rond-point, avec une "fausse" fusée sur le bord...Mais de loin, on pourrait se tromper !

La pointe des roches, son phare et sa plage (jolie plage mais l'eau de la mer est marron)

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Nous reprenons ensuite la route direction Iracoubo (environ 100km) Arrivés à l'entrée du village, un poste de gendarmerie nous arrête. Il faut montrer ses papiers d'identité pour passer.  Mieux vaut toujours avoir ses papiers d'identité sur soi, en Guyane, sous peine de devoir faire demi-tour, après 1h30 de route.... La présence d'un barrage de gendarmerie fixe est relativement inhabituelle, en dehors des frontières, surtout en France,  n'est-ce-pas ?  C'est, entre autre, pour éviter que des voitures volées et autres objets volés ne partent vers le Surinam, pays frontalier.

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Mais la vraie curiosité de Iracoubo, c'est son église, classée monument historique depuis 1978.

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Située à droite au bord de la route, à la sortie du bourg en direction de St Laurent du Maroni, l’église Saint-Joseph d’Iracoubo, n’a rien extérieurement qui attire l’œil et attise la curiosité. Et pourtant, ce serait une erreur de ne pas prévoir une halte pour découvrir une œuvre étonnante et unique, conçue voilà plus d’un siècle. Née de la volonté d’un homme de caractère, le révérend père Raffray et du talent d’un bagnard, Pierre Huguet, l’église est un petit trésor pictural, naïf et désuet.

Arrivé à Iracoubo le 6 mars 1886, le Révérend Père Prosper Raffray succède à six prêtres qui ont officié jusque là dans cette petite commune, au cours des trente dernières années. Environ 500 à 600 personnes vivent là et le jeune prêtre trouvera auprès de cette population la volonté de faire de ce village, accessible à l’époque uniquement par le fleuve, une cité modèle. Il se lance dans de nouvelles cultures, il décide la construction d’un presbytère, d’une école et surtout d’une église qu’il fait ériger, dès l’année 1887, à la place de l’ancien édifice dédié à Sainte Rose de Lima.

Toutes les structures porteuses sont en bois de Guyane. Les murs sont constitués de remplissage en briques. A l'origine, la toiture était en ardoise.

Pierre Huguet, matricule 23.492, restera longtemps dans l’anonymat et son nom n’apparaît que bien tardivement, seulement en 1977. Jusque là les fresques n’ont pas d’auteur, on sait seulement qu’elles sont l’œuvre d’un bagnard anonyme. Mais des recherches menées depuis dans les différentes archives permettent de rendre à Pierre Huguet la paternité de cette œuvre.

Pour ce peintre en bâtiment décrit comme un être frustre, sachant à peine lire et écrire, le travail accompli à Iracoubo est exemplaire. Sûrement guidé par le père Raffray qui avait sans aucun doute une idée très précise de ce qu’il voulait, le peintre-bagnard a réalisé un chef d’œuvre couvrant environ 600 m². Chaque centimètre carré de l’église a reçu le pinceau de l’artiste. N’ayant suivi aucune formation, Huguet choisi un style simple, naïf pour peindre angelots, guirlandes de fleurs, différents personnages de la liturgie chrétienne ou encore un Christ en croix qui orne le plafond.

Le travail minutieux de l’artiste est aussi remarquable dans les faux marbres ou les faux bois qu’il a peints. On remarquera également que le milieu guyanais est totalement absent des ces peintures.

Même si l’ensemble est relativement simple : tous les anges ont le même faciès, de nombreux motifs sont reproduits à l’identique à plusieurs reprises, l’ensemble est déconcertant et tous les visiteurs sont séduits. Joyeux, naïf et coloré le travail de Pierre Huguet ne peut laisser indifférent. Peut-être aussi parce qu’il émane d’une "brebis égarée" qui, certains l’ont dit, a expié ses fautes à coups de couleurs et de pinceau…

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l'orgue

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Une fois la visite de l'église terminée, "l'office du tourisme" local (c'est un bien grand mot) nous a indiqués une petite crique située à 12km d'Iracoubo, et en passant, on nous a signalés un petit village amérindien.

Le village....bof, mais la crique était magnifique et nous n'avons pas regretté le détour.

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L'eau était transparente (pour une fois) mais le fond avait une couleur vraiment étrange.

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De retour vers Cayenne, nous nous sommes rapidement arrêtés à Sinnamary, jolie petite ville, mais où il n'y avait pas grand chose à faire ou à voir.

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Demain, nous partirons découvrir les fameuses Iles du Salut