au_del_Présentation de l'éditeur :

L'un des plus beaux sourires de la télévision cache une blessure restée longtemps à vif : le décès de sa mère, d'un cancer généralisé, quand Sophie avait vingt ans. Aujourd'hui, Sophie Davant se penche sur cette douleur récurrente et sur les conséquences qu'elle a eues dans sa propre existence. Elle nous renvoie par là même à nos propres questions face à l'irrémédiable. Doit-on révéler au patient la gravité de son état, et comment le faire ? Pourquoi cette terreur silencieuse autour de celui ou celle qui va mourir et qui a besoin de paroles, de gestes, de tendresse ? Comment peut-on à la fois souffrir de la disparition d'un être cher et sentir en soi l'émergence d'une liberté intérieure qui vous incite à aller au-delà de vous-même ? Eclairée par sa propre expérience et par le Dr Christophe Fauré, psychiatre et spécialiste en soins palliatifs, Sophie Davant propose des alternatives à nos regrets, remords et autres culpabilisations. Un livre utile à tous ceux qui sont ou seront confrontés à la perte d'un être cher, et à la peur de leur propre finitude. Et, de façon surprenante, un livre au bout du compte formidablement apaisant.

Mon avis:

Tout au long de ce livre, j'ai, bien entendu, pensé à Marine. J'ai lu ce livre dans l'espoir d'y trouver des clés, des aides, sur le travail de deuil et aussi pour tenter d'y trouver un certain apaisement. J'y ai trouvé un certain réconfort et aussi certaines confirmations de quelques réflexions que je me fais parfois : il existe différentes phases dans le travail de deuil et ce n'est pas parce qu'on a passé et dépassé certaines phases qu'on ne revient pas parfois en arrière . Ce travail est long et la blessure met du temps à cicatriser. Ca m'a rassuré de constater que je n'étais pas la seule à avoir cette sensation que un jour, ça va, et j'ai l'impression d'avancer, de progresser sur le chemin de la cicatrisation et que un autre jour, ça ne va plus du tout et je me retrouve à broyer du noir, à pleurer et à me dire que ce manque est insupportable, intolérable. Je vais bien en surface, mais j'ai parfois l'impression qu'à l'intérieur de moi , quelque chose s'est irrémédiablement brisé.

Sophie Davant a, je pense, achevé son travail de deuil en rédigeant ce livre, et en allant à la recherche de réponses qu'elle se posait depuis 20 ans. Ca a été pour elle une belle thérapie et une leçon d'optimisme.

J'ai aimé, dans ce livre, l'alternance des passages où elle parle d'elle, de la maladie de sa mère, de l'épreuve qu'elle a traversé, et les passages, plus "théoriques" où elle pose des questions au Dr Christophe Fauré sur le deuil, sur les soins palliatifs et sur  l'accompagnement de fin de vie. J'ai appris beaucoup de choses sur ce sujet, d'ailleurs, et je mesure combien les avancées ont été importantes dans ce domaine, en ce qui concerne le respect du malade, la gestion de sa douleur et l'accompagnement de la fin de vie dans le respect et l'écoute du patient. Il n'existe pas encore, malheureusement, suffisemment d'unités de soins palliatifs en France, mais il existe des unités "mobiles" qui vont d'un hôpital à l'autre. C'est toujours mieux que rien.

Bon, je sais que le sujet de ce livre n'a rien de gai. Mais la mort fait partie de la vie, et nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre à la perte d'un être cher. Ce livre peut apporter un début d'aide dans le travail de deuil, même si, ça ne suffit pas.

Quelques extraits :

"Les mois continuent de défiler, tristes, vides, sans relief. Je pourrais bien devenir une candidate idéale pour une bonne dépression, mais je sens toujours en moi cette curieuse altenance qui me fait passer de l'obscurité de la souffrance à l'espoir d'une ouverture. Un jour rien ne va plus, un autre jour ça va...C'est épuisant et dérangeant.    (......)    Ce que je ressentais était la dynamique même du deuil ; on l'appelle la "théorie de l'oscillation". On ne peut pas mieux dire! "

" Nous avons beaucoup évoqué le deuil, dans ce livre. Pour nombre d'entre vous, les mots "deuil" ou "travail de deuil" signifient "oublier" ou "tourner la page". J'espère que vous comprenez aujourd'hui, à travers ces pages, que c'est une vision erronée. Vous avez bien vu qu'il ne s'agit pas d'oublier mais, au contraire, de relire le passé pour se le réapproprieret en tirer force et enseignements pour l'avenir."

Pour ces deux passages, je comprends ce que veulent dire Sophie Davant et le Dr Fauré, et je ressens que ce sont des phases par lesquelles je passe actuellement (un jour ça va, un jour ça va pas). En revanche, le Dr Fauré aborde un passage dans lequel je n'ai pas pu me retrouver ni m'identifier, et je ne suis pas sûre de le pouvoir un jour, ça me parait même IMPOSSIBLE :

"Il y a des gains à la perte d'un être cher : des gains dont on se débarrasserait dans l'instant si cela signifiait le retour  de la personne aimée, mais comme sa perte est irrémédiable, nous n'avons pas d'autre choix que d'accepter d'accueillir en nous ce qu'on pourrait appeler son "héritage spirituel". Bien sur, cette notion de "gain" est violente quand on vient de perdre l'être que l'on aime, car on se refuse de tirer quoi que ce soit de cette disparition, mais, avec la distance et l'apaisement qu'apportent les années, on peut affirmer qu'il est possible  d'en recevoir quelque chose de bénéfique"     (...) " comprenez alors qu'il ne faut pas rejeter ce processus intérieur quand la vie vous met sur ce chemin. Le deuil est ruden violent , brutal, absurde.  Mais il est nécessaire comme est nécessaire  un processus de cicatrisation d'une plaie, qui, laissée sans soin, serait dangereuse pour notre survie"    (...)     " Le travail de deuil, c'est transformer la matière première de son histoire de vie pour tenter de donner du sens à la perte de ceux qu'on aime" 

Je ne vois pas quel "gain" je peux trouver dans la perte d'un être cher, je ne vois pas en quoi ça peut me faire grandir ou m'ouvrir sur moi et/ou sur les autres. Peut-être est-ce trop tôt pour moi pour pouvoir envisager une telle chose?  Une chose est certaine : j'ai encore un sacré chemin à parcourir avant de pouvoir dire que mon travail de deuil est terminé. Ma souffrance est encore très vive, les larmes très proches dès que je pense à Marine et le manque d'elle, immense.